L’Elféméride, le grand légendaire des saisons – été – Pierre Dubois et Xavier Hussön – éditions Hoëbeke

L’Elféméride

Le grand légendaire des saisons
Eté
Textes de Pierre Dubois
Illustrations de Xavier Hussön
Editions Hoëbeke

 

Voici qu’aux portes de l’hiver, notre elficologue bien-aimé, en bon ami des lutins qui se respecte, nous joue un de ses tours en nous offrant un livre sur… l’été ! De quoi vous réchauffer les mimines durant les longs mois gelés qui nous attendent… Ce troisième opus du Grand légendaire des saisons clôture une aventure livresque forte en émotion. Les deux premiers tomes avaient été illustrés par l’immense René Hausman qui nous a malheureusement quitté sur cette œuvre emplie d’une nature qu’il adorait. L’homme a marqué toute une génération d’illustrateurs par son trait incomparable, ce génie qu’il avait de saisir l’animal, la plante, la nature dans un instantané qui la rendait toujours vivante. Tenir ce dernier tome de l’Elféméride ne peut donc se faire sans une pensée émue pour ce grand homme, ce géant de Verviers qui veille désormais sur nous aux côtés du Petit Peuple.
Forte en émotion également cette œuvre par le fait de lire entre les lignes qu’il y a là tout l’héritage de Pierre Dubois qu’il nous lègue avec passion et érudition. Le Petit Peuple dansant, fuyant comme il aime à nous le rappeler, est là, entier, entre ces pages qui colorent les saisons. Pierre tisse un lien étroit entre la Nature qu’il a toujours vénérée et les elfes, fées, lutins qui l’ont accompagné depuis qu’il a trempé sa plume dans leur encre magique. Ardant défenseur des Royaumes de Verdurie, Pierre Dubois signe ici un trésor, un légendaire débordant des parfums des anciennes campagnes, de ces dictions et légendes qui ont nourri les veillées au coin du poêle les nuits d’hiver, autour de feux et sous les étoiles les nuits d’été. Des moments perdus à jamais et dont ce livre témoigne une fois de plus. C’est beau, c’est vrai et cela nous touche au plus profond de nos êtres…

 

 

Dans cet ultime tome, Pierre Dubois vous conte l’histoire de ce châtelain assassiné qui revient les nuits d’été arroser ses chers rosiers. Il rend justice au tilleul et à Philyra sa nymphe. Il évoque la Mère des Blés, de ces champs dorés qui ont fait le pain des hommes. Il nous parle avec poésie et savoir des insectes si nombreux en cette saison, des plantes à leur apogée, des fruits succulents, des fleurs lumineuses… Tout ce Petit Monde si vivant, si criant de créatures, parmi lesquelles se glissent quelques ombres, de nombreux lutins taquins, de belles fées charmantes. Il nous chante le coquelicot, le bleuet… Mène la danse lors des feux de la Saint-Jean et nous accroche le cœur, un instant, quelques secondes à une étoile filante…
Le livre demeure ouvert sur mon bureau. Je ne peux me résoudre à le refermer. Lisant et relisant sans cesse ces délicieuses anecdotes, m’évadant à travers les mots de Pierre, les dessins de Xavier. Je me sens papillon, je me sais Nuton, je me rêve fauchant ces céréales gourmandes, me prélassant dans un pré où fleurissent boutons d’or, sauges et millepertuis. J’entends courir les Manikins, sautiller le Grass-Hopper , ricaner le Faudoux… Je ressens la chaleur de l’été, cette canicule où même le diable se plaît… Alors non, je n’ose refermer le livre de peur que tout cela ne disparaisse. Je sais que l’Elféméride doit demeurer ouvert, que vous devez le lire, c’est un impératif, une urgence absolue. Car en le lisant, vous aurez les clés pour que ce Petit Monde continue de briller, de nous émouvoir, de nous accompagner. Et je parie qu’à votre tour, vous ne pourrez plus jamais le refermer.

 

Pour clore cette chronique de l’Elféméride, j’ai invité Xavier Hussön à répondre à quelques petites questions. Je vous laisse donc entre les mots de cet auteur-illustrateur à l’énorme talent. Un artiste qui a eu le courage de signer la suite et fin de l’Elféméride de son style certes très différent de celui de René Hausman, mais dont les traits ont su rejoindre les mots de Pierre Dubois pour former un nouveau duo enchanteur. Enfin, Xavier a eu la grande gentillesse de vous adresser une petite dédicace perso que vous découvrirez en fin de ce post. Merci à lui !

 

Reprendre l’illustration de l’Elféméride après René Hausman, c’est un sacré défi. Comment as-tu abordé la chose?
A l’aquarelle… Plus sérieusement, lorsqu’au téléphone, j’ai entendu la grosse voix de Maître Pierre me proposer de reprendre le flambeau, si merveilleusement honoré par René Hausman, j’étais, évidemment très heureux et touché de cette marque de confiance. Signer un livre avec Pierre est une belle aventure. Il connaissait mon travail et l’univers qui s’en dégage. Aussi, il m’a tout de suite précisé que l’idée n’était pas d’adopter un traité similaire à celui de René Hausman. Du coup j’étais assez serein dans la façon d’aborder ce travail, même si la quantité d’illustrations se dressait comme une montagne face à moi. Mais j’aime la haute montagne. On y rencontre des esprits inspirants. Il m’a juste fallu faire deux ou trois tests pour que Lionel Hoëbeke et Aline Goujon, les éditeurs, soient pleinement assurés que je puisse marcher dans les pas de René sans trop m’égarer. Mon seul vrai problème fut de reporter la réalisation de deux ouvrages prévus pour mon éditeur habituel, Au Bord des Continents… Mais mon complice de longue date a été très compréhensif et je l’en remercie.
Quelle illustration t’a donné le plus de fil à retordre et laquelle a ta préférence?
Je ne suis jamais très à l’aise avec les grandes illustrations. Je n’ai pas la patience. Je me sens moins illustrateur que dessinateur. J’aime le premier jet. Nous l’évoquions, un soir, avec Pascal Moguerou et Jean-Baptiste Monge. Toute l’intention, le caractère d’un personnage, son attitude, sont saisis lors de ces premiers coups de crayon. C’est un croquis pris sur le vif, parfois un petit moment de bonheur. Après, on perd un peu en spontanéité. C’est la raison pour laquelle j’ai un petit coup de cœur pour le croquis aquarellé de la tourterelle. Elle est efficace; elle s’est faite en deux ou trois minutes, à peine.
J’aime beaucoup la ruine suggérée, en haut à droite de l’illustration de « La Saint-Jean ». Le pinceau invite l’œil à s’y égarer. C’est ainsi que j’avance. Je ne réalise pas un dessin ou une aquarelle, je me promène , du bout du pinceau, dans ce que me révèle le papier.
Et puis il y a cette illustration en forme d’hommage. Un clin d’œil aux deux complices que resteront Pierre Dubois et René Hausman. On les surprend tous deux à danser autour d’un feu de Saint-Jean en compagnie des fées et autres représentants du petit peuple auxquels ils sont tant attachés.

 

 

Sortir un thème d’été aux portes de l’hiver… est-ce un pied de nez au temps humain? Et toi-même, es-tu plutôt été ou hiver?
Nous avons eu un bel été indien! Ce n’est pas si décalé.
Mais il est vrai qu’en féerie, l’horloge du temps est capricieuse. Celle qui se trouve dans mon bureau sonne des heures qui n’existent pas; un dialogue facétieux qu’elle entretient avec mon sablier de quart, le monticule d’instants perdus, que je retourne… au fil de ce temps incertain.

 

Quant à la saison, j’apprécie l’hiver. La lumière en hiver est magnifique. Et puis, les odeurs de feux de cheminée, les carreaux de fenêtres ambrées des intérieurs douillets, les chutes de neige et les longues nuits. Les longues nuits et les mystères qu’elles réveillent en nous. La nuit, on devine, on interprète… on imagine. Cependant, ma saison favorite demeure l’automne pour ses couleurs, sa lumière, ses champignons et les noix fraîches. A choisir, j’aurais beaucoup aimer illustrer l’Elféméride d’automne, mais à vrai dire, nous aurions tous préféré que René illustre l’ensemble, dans sa totalité et qu’il soit toujours avec nous.

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Richard Ely

Né en Belgique, j’ai passé toute mon enfance à Ellezelles, village sorcier. J’ai ensuite étudié les fées, elfes et lutins à l’université tout en croisant les chemins de Pierre Dubois, Claude Seignolle, Thomas Owen…
En 2007, après avoir parcouru bien des forêts et des légendes, je crée Peuple Féerique. Spécialiste du folklore féerique, auteur d’encyclopédies, de livres, d’albums, je poursuis mon exploration de ce Petit Monde de Merveilles pour le partager avec vous.

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