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Quelques nouvelles de la suite du Grand Livre des Esprits de la Nature. Après vous avoir parlé des esprits de la nature, fées, elfes, dryades, ondines et 1150 autres petits êtres collectés à travers le monde, j’ai enfin commencé l’exploration des lutins de nos maisons, granges et cabanons. Si le premier livre avait débuté son chemin un jour de printemps, propice à l’éveil sur la nature et avait duré… trois ans, cette fois, c’est à la veille de l’hiver que nous nous mettons au travail. Un choix qui n’est pas dû au hasard puisque en hiver, eh bien, on reste plus souvent chez soi, une tasse de thé ou de chocolat chaud à la main. Ambiance parfaite pour se mettre à écrire tout en observant les allées et venues des petits habitants de la maison. Le résultat, vous le découvrirez en principe fin 2015, si tout se passe pour le mieux. Je viendrai de temps à autre vous en parler ici et ailleurs… En attendant, cet hiver, n’omettez pas de feuilleter le Grand Livre des Esprits de la Nature, il vous aidera à patienter jusqu’au prochain en très bonne compagnie, celle des fées !

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Un automne chez les fées…

Jeudi, 10h45. Ma voiture termine son voyage devant une ferme de briques rouges. Les yeux encore remplis de ce bocage, de ces saules où j’avais deviné de lutinesques visages, de ces haies d’aubépines où virevoltent de petits êtres ailés, je me dirige vers la porte de bois peinte en vert, encore un signe ! Trois coups auxquels répondent de petits pas. Une dame-fée m’ouvre et m’invite à entrer. Je la suis dans ce petit couloir obscur débouchant sur la cuisine où une douce chaleur m’accueille. Sur la table, confortablement lové dans un panier de fruits secs, un chat. Le nouveau locataire des lieux. Soudain, quelques craquements se font entendre, j’y reconnais le cri du Latusé. Des murs, des milliers de petits regards inquisiteurs semblent s’interroger sur ma présence… Les voix me mènent jusqu’au salon, au pied de la cheminée, dans ce lieu plus rêvé que réel : l’antre de l’Elficologue ! Une voix amie s’élève alors, et Pierre Dubois, tout sourire, apparaît dans la pièce. Le feu crépite, les questions fusent autour de l’Elféméride paru en cet automne chez Hoëbeke. Une œuvre magistrale. Pour moi, petit Belge plongé dans le fantastique et la nature depuis la naissance, tenir entre les mains un livre rempli de poésie, de saveurs d’antan, d’illustrations signées René Hausman, d’envolées vers une nature vivante, habitée, c’est un peu me sentir à la maison, calé dans un fauteuil moelleux, réchauffé des crépitements d’une buche juste allumée, une bonne bière de ma région à la main… Tiens, mais c’est exactement ce ressenti lors de la lecture de ce premier tome du grand légendaire des saisons qui se revit ici, en cet instant précis, mais cette fois, j’ai l’impression que c’est bien réel. Un vrai cadeau des fées… Extraits d’une conversation au coin du feu, un jour d’automne…

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Commencer par l’automne, c’est une décision personnelle ou une volonté éditoriale ?

Si tu veux, pour moi, l’automne est très proche du printemps. Même si les feuilles tombent, et c’est magnifique, l’automne, pour moi, c’est l’âge d’or qui revient. Le crépuscule est aussi beau que l’aurore. Il a même un côté plus touchant. C’est un de ces moments proches de la naissance et de la mort. Je suis vieux maintenant mais même enfant, l’automne me fascinait. Il y a une grande mélancolie dans l’automne. Le sentiment de voir naître une autre vie… L’automne c’est là où la nature avant de mourir donne ce qu’elle a de plus beau: la lumière, les fruits… C’est comme un dernier amour.

On dit aussi que septembre est le mai de l’automne… Septembre, c’était la fin des vacances, tu arrivais dans quelque chose de grave, tu prenais conscience de l’idée de fin.  C’est aussi une nostalgie de l’école, de mon idée première de l’école, apprendre à lire et à écrire. J’ai été désenchanté ensuite mais mon idée de l’école tout petit c’était d’apprendre à connaître les livres et toute la magie qu’ils renferment.

Il y a aussi l’idée de commencer à l’envers, d’aller vers la mort, l’hiver pour renaître au Printemps. Et puis l’automne, c’est là où la nature se montre vraiment, où l’on voit les animaux, les prunelles, la pomme… La Nature se livre, se donne véritablement en automne. Les fantômes, les esprits de  la nature sont palpables, le moment où sortent les écureuils, les lutins… Voilà pourquoi j’ai préféré commencer par cette époque là.

 

Tu évoques la nostalgie, les almanachs, souvent le seul livre à la maison autrefois. Est-ce qu’aujourd’hui, ce genre d’ouvrage a encore une place sur nos tables, dans nos bibliothèques ou est-ce un ouvrage qui te tenait personnellement à cœur, une envie de te faire plaisir ?

Les deux. C’est une réminiscence de ma jeunesse mais aussi de cette idée ancienne de la littérature. L’almanach entrait dans les demeures grâce aux colporteurs. C’était un genre d’ouvrage où tu avais la nature, des conseils pour soigner, des mythes, des légendes et l’écho de l’information. Aujourd’hui, on te parle du temps présent, le scoop, et du coup, tout s’oublie, s’évapore. L’almanach, c’est la parole importante, la voix des ancêtres. Ce livre entrait dans les foyers, certains ne savaient pas lire, d’autres lisaient pour les enfants, les voisins…

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L’almanach était, à côté de la Bible, le seul livre dans les maisons. Est-ce une volonté pour toi de faire de l’Elféméride ce genre d’ouvrage qui accompagne les personnes tout au long de leur vie.

Y a de ça… Les fées et lutins sont rebelles, font partie de cette nature. La féerie c’est revenir à la nature. Après avoir écrit sur la féerie, cet elféméride c’est une manière de dire que si on ne revient pas à cette sagesse, à ce livre primordial qui te raconte la vie au travers des légendes, contes, faune et flore, tu vas passer à côté de l’essentiel. Dans les almanachs, tu avais les contes, les légendes à côté de ces faits naturels, historiques… Pour bien connaître la nature, il faut connaître les légendes, les contes de la nature, c’est l’âme de la nature. On ne raconte plus ces histoires là… A l’école, on dessinait une pomme, on te parlait des feuilles qui tombent… Aujourd’hui, on tape sur des claviers et on passe à côté de la vie.

 

On remarque d’ailleurs que les élèves de nos jours sont capables de parler des molécules d’une plante mais ne distinguent pas une feuille de chêne d’une feuille de hêtre…

Oui, voilà, et une molécule, tu ne peux pas aimer ça. Tu peux aimer une feuille, la trouver belle, mais une molécule, non.  Il n’y a pas d’histoires qui s’y rapportent…

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Ta vision de la nature rejoint bien les idées de Terrasson dans son livre La Peur de la Nature. Ton jardin est sauvage, tu laisses pousser… et cette nature tu la désires enchantée, habitée…

Oui, voilà c’est ça. C’est une manière de sauver la nature d’ailleurs. Les anciens avaient peur que le ciel leur tombe sur la tête, de l’hiver tout simplement. Tout était symbolique, mythique, mythologique. C’était leur façon de comprendre les choses.

 

Est-ce que c’est nécessaire ? Pourquoi a-t-on besoin de cette dimension magique, racontée ?

La nature est présente mais il faut une explication. L’explication scientifique ne suffit pas. Les scientifiques t’expliquent les choses froidement. Regarde le typhon, l’ouragan terrible. Pour toucher les gens, il faut des images. Si tu menaces Dame Nature, cette déesse, elle se vengera. Quantifier, mesurer la nature, c’est abominable. Regarde les indiens quand les blancs sont venus acheter leurs terres, ils étaient très étonnés. Pour eux, la terre ne se vend ni ne s’achète. Le fait qu’il y avait des esprits était une manière d’appréhender la nature, de craindre sa colère et donc on la respectait.

 

C’est ce que tu veux dire dans ton introduction qui se termine sur cette phrase : « Il serait déraisonnable de perdre les mythes » ?

Les mythes ont une fonction primordiale sinon ils n’auraient pas existé. L’homme a besoin de rêve, son inconscient s’en nourrit et a besoin de raconter des histoires. L’enfant regarde le feu et ne pense pas au phénomène de combustion, le feu s’anime, est vivant avec son lot d’histoires, de dragons. Si on veut que le monde change, il faut redonner à l’imagination toute son importance. L’imaginaire te donne une façon de te dépasser, d’aller plus loin, d’avancer.

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Hausman pour faire l’Elféméride, c’est un désir de collaboration qui remonte à longtemps ?

René, c’est un compagnon des premières heures. La Nature, il l’adore, c’est un homme des bois. Il a passé énormément de temps à l’observer… Je l’ai rencontré quand je travaillais à France 3, j’avais vu ses dessins dans Spirou. Il reproduisait les animaux mais on avait l’impression qu’il les avait captés. Ce n’était pas qu’une reproduction, on aurait dit qu’il était entré dans l’animal. Il avait été ours, il est souris. Cela allait au-delà de la physionomie, il arrivait à dessiner l’esprit aussi. On est devenu ami car j’avais un grand respect du dessinateur mais aussi de l’observateur. C’est quelqu’un de rationnel mais qui spontanément dépasse la réalité, il dessine à la fois le contenant et le contenu. On a beaucoup de points communs, il joue de la cornemuse, mon instrument préféré. On a travaillé sur le Grand Fabulaire du Petit Peuple pour Spirou. Les agendas ne se sont pas accordés pour la Grande Encyclopédie des fées, lutins, elfes… Comme René ne pouvait pas le faire, il a fallu trouver quelqu’un d’autre. Faut dire aussi qu’à l’époque, les fées, les lutins, ça n’intéressait personne. Pour René, c’était aussi prendre un risque. Personne ne voulait de ce sujet…

 

Alors ces retrouvailles, cela donne un côté rendez-vous manqué…

Oui, c’est vrai, dans notre automne… C’est la même génération avec nos références, les vieilles histoires de sa grand-mère, on était encore dans les contes… On a vu les mêmes films… On a évolué parallèlement mais l’Elféméride je ne le concevais pas sans Hausman. Il a une approche plus matérialiste de la Nature que moi, mais cette connivence existe. Se retrouver sur cet Elféméride c’est très symbolique. Y a l’idée de transmission, le monde était comme ça, essayer de pas trop le changer… L’idée aussi c’est que le f de la fée, le l de l’elfe soient inscrits dans cette Nature, dans ce quotidien, ce calendrier de la nature.

 

Une dernière question, plus pragmatique, la suite est prévue pour ce printemps ?

Non, non. Là, on a fait l’automne, l’hiver… Mais je vais m’y remettre bientôt puis René va devoir s’y remettre aussi. On ne va pas trop tarder à faire la suite mais pas pour le printemps prochain. Tout reste à écrire. Et puis, on travaille en harmonie, on s’adapte l’un à l’autre. Je ne sais pas vers quoi ça évolue, des sujets s’imposent au fil des mois. On avance ensemble donc je préfère travailler lentement, me poser sur un sujet. Un livre ça ne se fabrique pas.

 

Le temps des fées n’est pas le nôtre. Je regarde ma montre : 17h20 ! Une journée passe si vite de l’Autre Côté… Mais un rendez-vous avec Pierre ne se termine jamais, notre inconscient, nourri de ses paroles, de ses écrits, poursuit lui, son chemin, au travers de nos songes, au fil de nos regards portés vers cette Nature dépeinte avec tant d’enchantement par l’Elféméride… Un regard qui, une fois allumé, ne peut plus jamais s’éteindre…

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Propos recueillis par le Peuple féerique en novembre 2013.

Ouf ! On a eu très chaud…

Suite au piratage de notre hébergeur, le site Peuple féerique a disparu. Anéanti, détruit, bousillé le travail d’une vie ! Enfin presque… Trois semaines plus tard l’oiseau féerique renaît de ses cendres. Plus aucun article depuis avril 2010, plus aucune image… Mais beaucoup de volonté ! Nous emploierons les semaines à venir à restaurer tout ce que nous pouvons au fur et à mesure mais là, tout de suite, nous avons besoin de votre aide pour porter la bonne nouvelle de notre renaissance, pour repointer des liens vers ce site et l’aider à le faire revivre, car sans vous, lecteurs, pas vraiment la peine de poursuivre notre chemin. Alors, amis fées, lutins, elfes, à vos claviers ! Le Peuple féerique est de RETOUR !

Contes & Légendes de Haute-Saône et du Territoire de Belfort
Hervé Thiry-Duval
Editions De Borée
432 pages
Prix: 26 €

Présentation de l’éditeur:     

La Haute-Saône et le Territoire de Belfort, départements de la Franche-Comté à la forte identité culturelle, cultivent un riche patrimoine légendaire. Province natale de la Vouivre, en chaque recoin de cette région ne soyez pas étonnés d’entendre parler de troublantes fées, de la bonne Tante Arie, d’inquiétantes Dames blanches ou d’aimables Trotte-Vieilles.

Chevaux fantastiques, chats sorciers et créatures aquatiques hantent les nuits sans lune. Un petit peuple de Grappin, Ioutton et Foultot vit dans les bois, les jardins, et parfois les maisons…

Les fantômes reviennent chaque année, le diable fait de l’auto-stop et les sorcières côtoient sans vergogne les curés, les saints et la Vierge… Sur ces terres de landes et de lacs, de bois et de monts, la passion peut faire des ravages chez les hommes : on se fait ermite, on tue, on meurt par amour. Ou bien on invente de drôles de pratiques électorales et de curieuses cures médicales !

Quand il n’est pas plongé dans les livres (de contes, bien entendu !) à la bibliothèque où il travaille, Hervé

Thiry-Duval traque la féérie au quotidien. Curieux de tout, il s’est spécialisé dans le domaine du conte : concepteur d’expositions sur les pierres qui parlent, instigateur du réputé festival des Franches-Conteries, ce « féericologue » écrit des livres sur les vouivres et les lutins.

Notre avis:

Hervé Thiry-Duval est conteur et féericologue, spécialiste des fées de son pays, la Franche-Comté. C’est en compagnie de Foultots, ioutons, lutons et Belles-Filles qu’il nous entraîne dans la Haute-Saône et le Territoire du Belfort pour nous conter maintes histoires de sorcières, de fantômes, de pierres enchantées… Au fil de la lecture, on se rend compte de la richesse légendaire de cette contrée et elle donne bien envie d’y séjourner quelques temps pour s’en imprégner. Le style contemporain de l’auteur y est certainement pour quelque chose car il a l’art de ramener au présent toutes ces légendes d’antan. Un ensemble de contes qui se lit aussi comme un recueil d’histoires étranges, certaines vous feront sourire, d’autres véritablement frissonner jusqu’au récit de grand-mère Valentine, celui où une petite fille rentre à la maison attirée par l’odeur délicieuse qui sort de la cuisine… Le genre de récit que vous n’oublierez jamais !

Un ouvrage de plus pour une collection parue chez de Borée qui explore brillamment les contes et légendes de France, région par région avec à chaque fois un auteur au ton différent, ajoutant à l’ensemble l’atout d’une lecture variée et passionnante.

Wisher
T4. Chapeau Melon et Canne à Fée
Scénario: Sébastien Latour
Dessin: Giulio De Vita
Editions Le Lombard
Prix : 13.50 €

 

Présentation de l’éditeur:

La balle magique qui a fauché Merlin a-t-elle sonné le glas des Féeriques ? Dans ce monde sans magie, mêmes les pouvoirs du Djinn ne sauveront pas le célèbre sorcier. Il ne lui reste qu’une seule chance: le sang de Dragon, seul artefact capable de guérir toutes les blessures. Le seul problème ? La dernière fiole du précieux liquide est conservée au cœur du MI-10, le fief de Bound. Mais, en réveillant le Djinn qui habite Nigel, Merlin a ramené un soldat capable de renverser le cours du conflit d’un seul souhait. Bound lui en laissera-t-il le temps… ?

Notre avis:

Wisher est une série qui trouve une place de choix dans le courant de l’Urban Fantasy, genre où se mélange les ficelles de la fantasy (Magie, créatures fantastiques, lutte du Bien contre le Mal…) dans un contexte urbain et contemporain, voire futuriste quelquefois. Dans ce quatrième tome qui clôture la première aventure de Nigel et de ses amis les féeriques, nous retrouvons notre beau Djinn au sommet de sa force qui, pour sauver Merlin, décide d’aller rendre une petite visite au gang des chapeaux melons afin de leur dérober une fiole de sang de dragon. Tout se précipite donc dans un rythme soutenu qui débouche sur une fin sans véritable surprise mais qui ouvre très largement la série à une suite plus que probable, du moins, c’est ce que nous souhaitons car l’univers développé par Latour et De Vita tient bien la route et offre une belle dose de plaisir aux lecteurs de fantasy à la fois de par le contexte original et contemporain que par l’histoire en soi qui donne à voir pléthore de créatures issues de légendes et mythologies diverses mais qui finalement colle bien à l’hypothèse des « féeriques ». Une utilisation dont les mécanismes sont ceux de nombreux comics mettant en scène des mutants et autres bande de superhéros avec une touche frenchie bien agréable.

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