Sur la route des livres avec l’Auberge des Légendes !

L’Auberge des Légendes est un projet aussi original que génial. Imaginez une roulotte remplie de trésors livresques qui se déplace de marchés en festivals. A l’intérieur, une foule de choses à découvrir dans un décor merveilleux. Pour vous donner l’envie de partir sur les traces de cet établissement nomade, nous avons posé quelques questions à Patrice Depommier, l’aubergiste !

Une librairie itinérante, c’est un concept pour le moins original et sympathique, comment t’es venue l’idée ?

J’ai été directeur de trois librairies à la Réunion pendant dix ans, mon retour en terres occitanes a été l’occasion de créer une librairie qui me ressemblait. J’ai voulu recréer l’esprit des troubadours et des colporteurs d’antan qui se déplaçaient de places en places pour y annoncer les nouvelles du royaume ou du monde, aller vers les gens, apporter la lecture dans les endroits les plus incongrus, faire rêver. L’idée de la roulotte, de tout l’univers de voyages et de rencontres qui y sont accolé, s’est imposée très vite.

 

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Quelles sont les réactions des gens lorsqu’il découvre cette librairie particulière ?

Outre la roulotte, mes visiteurs ont la surprise de découvrir un « libraire » atypique, je n’entre dans la roulotte que costumé, en troubadour, en mage, en dragon, en champignon,…  je fais sortir les personnages de mes livres… Je rencontre des réactions très différentes qui vont de l’étonnement au rejet, mais le plus souvent c’est l’émerveillement qui prime. J’ai voulu un espace
plein de surprises, sur mes étagères, entre les livres vous pourrez rencontrer un dragon, un escargot, une araignée, des étoiles, et mêmes quelques lutins …

Les gens n’ont pas le sentiment d’entrer dans une librairie mais bien dans un espace navigant entre imaginaire et réalité. Ils en sont parfois décontenancés mais ont souvent du mal à en sortir.

J’aime imaginer L’Auberge des Légendes comme une porte, vers d’autres lieux, d’autres mondes, d’autres temps. Mes visiteurs le sentent et sont sensibles à l’atmosphère si riche de ceux qui y sont passés avant eux. Beaucoup y laissent leurs histoires, leurs anecdotes, les gens se sentent libre de parler, de rêver, d’échanger…l’espace d’un instant ou parfois de plusieurs heures !

On trouve quoi dans ta boutique ?

Je me suis spécialisé dans les contes et légendes, le terroir, le monde médiéval. L’Auberge des Légendes propose aussi des objets et accessoires en liaison avec les thèmes : épées en bois, livres secrets, bourses en cuir, graines de jardins de sorcières, coloquintes enchantées, et bien d’autres merveilles.

Régulièrement je propose de faire découvrir des créations d’artisans originaux dont les créations correspondent à l’esprit de la roulotte.

L’univers des contes et légendes, de la féerie, ça représente quoi pour toi ? Pourquoi avoir opté pour cet univers spécifique comme offre dans l’Auberge des Légendes ?

J’aime le Livre, dans son ensemble depuis toujours, pour l’objet, le bruit des pages, la douceur d’une couverture, l’odeur qui s’en dégage, la puissance des mots, la force d’une illustration…

J’ai toujours aimé écouter, raconter, échanger. Autrefois les gens se retrouvaient au coin du feu, les anciens témoignaient au plus jeunes, les histoires passaient d’une génération à l’autre, on s’enrichissait des expériences, des voyages, des rencontres du conteur. Ces moments j’ai voulu les revivre dans la roulotte. Raconter et écouter des histoires souvent colorées d’un peu de magie, pour rêver, pour avoir peur ou pour apprendre. La féerie et le merveilleux font partie de cet univers ou tout est possible, où on apprend à penser et voir différemment, où il n’y a pas de règles. Tout petit j’ai été marqué par Alice au pays des merveilles, mais je n’en ai pris conscience qu’il y a peu de temps : au fil des mots, un imaginaire prend vie, une autre façon de voir et percevoir le monde s’impose à notre esprit. C’est ce que je souhaite : transmettre. Grâce au Livre laisser jaillir les images qui sont en nous, oser rire et pleurer au fil des mots, retrouver espoir grâce aux contes, vibrer de plaisir à la description d’un monde nouveau… lâcher prise et se (re) découvrir au fil des émotions que vont nous procurer les pages que nous allons parcourir.

 

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Où peut-on trouver habituellement ton auberge ?

Charlotte ma roulotte sillonne les routes d’Occitanie. On peut la trouver sur les marchés de plein vent entre la poire et le fromage, mais aussi et de plus en plus sur les fêtes médiévales et historiques, les marchés de Noël, parfois même dans les établissements scolaires où les enfants découvrent une autre manière d’approcher le livre.

Tu fais les marchés, il y a donc toutes sortes de personnes qui découvrent cet univers féerique, pas que des passionnés, des habitués… Quelles sont leurs principales réactions ?

Oui bien sûr, il m’arrive parfois d’entendre des gens dire « ça ne va pas m’intéresser, c’est pour les enfants, ou je n’aime pas lire, c’est n’importe quoi : les fées et les dragons n’existent pas… » Je prends alors le temps d’aller vers eux, de comprendre leur réaction, je les invite à toucher un livre, à le feuilleter, à le respirer, à retrouver cet émerveillement propre aux enfants où tout est possible. Ca ne marche pas à chaque fois, mais j’aime à croire que j’ai déposé une petite graine dans leurs pensées qui les fera douter et s’ouvrir… un peu plus tard.

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En tant que libraire, quelles sont tes dernières découvertes que tu conseilles vivement de placer dans nos bibliothèques ?

Alors là c’est terrible de devoir choisir entre tel ou tel… ! Celui qui me colle à l’âme c’est Fragile de Philippe et Martine Delerm, puis pèle mêle Contes de crimes de Pierre Dubois (déroutant), Grimoire des plantes de sorcière d’Erika Laïs (étonnant), La malédiction de Grimm de Polly Shulman (vivifiant), le compteur de mouton de Christelle Le Guen (si doux…) puis des livres sur les dragons, les fées et les lutins, les contes de tous les jours, des gens croisés içi et la , les histoires pas encore écrites mais qui fourmillent au bout des doigts : vite à vos stylos. Pour sa propre
bibliothèque, surtout oser sortir des lectures qu’on nous impose et se laisser tenter par ce qui nous interpelle, écouter les livres, les laisser nous séduire pour mieux les lire.

Enfin, peux-tu nous dire où se posera ton Auberge des Légendes prochainement ?

L’été, c’est la grande tournée des fêtes médiévales, L’auberge des Légendes posera ses planches à Ternand les 5 et 6 juillet, puis Bayonne du 12 au 14, Mirepoix du 18 au 21…. Et d’autres dates que vous trouverez au fil de mes notes sur FB !

Propos recueillis par le Peuple féerique en juin 2014

Pour visiter l’Auberge, c’est ici !

Le super concours féerique de juin avec Naturatem !

Pour vous remercier de nous rendre si souvent visite, nos fées et lutins vous ont concocté un grand concours pour marquer ce début de l’été !

 

4 lots féeriques pour 4 gagnants !

Pour remporter un des 4 lots dont vous voyez un visuel ci-dessous, il va vous falloir être malin et curieux ! A vous de fureter sur le site de notre partenaire pour ce concours, NATURATEM et de nous communiquer les 4 adresses URL de ces cadeaux ! Sans omettre l’habituelle question subsidiaire: combien de personnes donneront les 4 bonnes url ? Fouillez bien et renvoyez-nous d’ici le 28 JUIN 2014 minuit vos 5 réponses sur redaction(mettreicil’arobase)peuple-feerique.com.

Bonne chance à vous !

A GAGNER :

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Légendes du Pays des Collines

Ma région est riche de légendes de fées, lutins, sorcières… C’est avec un grand plaisir que j’ai donc écrit 12 contes fantastiques autour de ces légendes… Au bout de plusieurs mois, voici enfin le résultat qui surgit de ces boîtes en carton ! A peine une des boîtes ouverte qu’en sortent diâles, lutons, marluzines et neckers… Ils se mettent à courir partout et il me faudra tout mon courage et une bonne formule magique léguée par mes aïeux pour renfermer tout ce petit monde dans les pages de mon nouveau livre…

Pour rappel, je serai à Ellezelles le 28 juin prochain pour une séance de dédicaces de 17h à 18h à la Maison du Pays des Collines (Place, 1) où vous pourrez vous procurer ce livre bien entendu (toute la journée).

 

Voyage au temps de Féerie à Theux, en Belgique.

« Voyage au temps de Féerie » est une initation à vivre à votre rythme un parcours artistique au sein d’un décor qui représente une année, du 1er janvier au 31 décembre, dans laquelle chaque famille et représentant du Peuple de Féerie tient une place privilégiée dans la saison pour laquelle il est le plus actif.. Vous voyagerez donc en Féerie, là où le temps s’écoule différemment, traverser une année entière en l’espace de 10 min, une demie-heure ou … 3 heures pour ceux qui ont le coeur de s’y attarder.. Albert Moxhet, René Hausman seront de la partie… Toutes les infos sur l’affiche ci-dessous :

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Bande dessinée, livres illustrés, romans, sommes-nous au bord du gouffre ? Faut-il faire un pas en arrière ou en avant ?

Je sors exceptionnellement de la féerie pour rebondir sur le mouvement de grogne qui a lieu dans le milieu de la bande dessinée pour le moment, complétement compréhensible, et pour l’élargir vers un questionnement qui me taraude depuis des années… Face à une grande demande de productions, vaut-il mieux réduire l’offre ou transformer le métier ?

L’annonce d’un prélèvement supplémentaire par l’Etat pour « assurer » une pension complémentaire aux professionnels de la bande dessinée a fait l’effet d’une bombe dans un milieu où la situation financière des auteurs est fragile. De grands noms de la BD contemporaine tels Maïorana ou Bonifay ont annoncé qu’ils renonçaient à leur métier. On pourrait élargir le débat qui a lieu dans le monde de la BD au livre illustré, voire au livre tout court. Car finalement ce sont de nombreux métiers artistiques qui semblent aujourd’hui au bord du gouffre.

Les causes d’une telle situation sont multiples mais il est facile d’en pointer deux principales:

le nombre croissant d’auteurs

le système économique tel que pensé aujourd’hui

Cela peut paraître bateau mais la première cause est bien réelle.  Le gâteau a certes bien grossi (plus de lecteurs qu’il y a 50 ans) mais il a d’une part évolué en même temps que l’engouement pour ces métiers, offrant écoles et diplômés de plus en plus nombreux eux aussi, du coup, les parts du gâteau se sont finalement largement rétrécies. Tout simplement. De nos jours, les tirages d’un livre ou d’une BD sont bien moins importants qu’il y a quelques années et la cause n’est pas le web, la cause première, c’est le nombre d’œuvres et donc l’offre présentée aux lecteurs. La solution à ce niveau serait de rétrécir cette offre mais bien entendu en misant toujours sur de jeunes talents. Trop facile de vivre sur les succès d’antan, ce qui semble d’ailleurs la direction voulue par le monde de l’édition, au grand dam d’un renouveau, de découvertes, d’excitation…

La seconde cause, elle, entraîne une vraie question: Au bord du gouffre, faut-il faire un pas en avant ou un pas en arrière ? Et là, je suis perdu…

Ce gouffre, c’est le système économique tel que pensé aujourd’hui. La situation actuelle d’un auteur, d’un dessinateur est d’être un « artiste ». Ce statut rend un flou économique qui permet toutes les dérives. Face à ce système, il n’y a que deux choix possibles: faire un pas en avant et rejoindre pleinement ce gouffre (comme ce qui existe aux Etats-Unis ou au Japon, deux grands pays de la bande dessinée mais qui fonctionnent comme de véritables entreprises avec des « salariés » payés à la planche, à la page et qui, au final, parviennent à sortir de très belles choses également). Nous aurions alors des auteurs salariés par les maisons d’édition, d’autres toujours indépendants mais produisant à un rythme régulier pour assurer leur salaire, travaillant plus pour gagner plus… Tous seraient taxés comme les autres jobs, aucune différence, écrire ou dessiner serait un métier « comme les autres ». Un peu le cas aujourd’hui mais pas tout à fait…

Quant au pas en arrière, il éviterait à ces professions artistiques de tomber dans le gouffre, les éditeurs européens se décidant à miser sur des « clubs », des microcosmes quasi impénétrables à qui n’a pas été adoubé. Dans leur sillage navigueraient encore des « petits » espérant un jour rejoindre le club des grands mais l’accès à la profession serait nettement plus difficile qu’aujourd’hui. A la limite, on fermerait les écoles et seuls les plus doués seraient pris sous l’aile des anciens… Un statut d’artiste comme on le connaissait il y a plus d’un demi-siècle et encore plus auparavant… Une offre bien plus réduite, des auteurs mieux payés face à une demande de lecteurs identique et toujours aussi importante qu’aujourd’hui. Des idées créatives, originales, osées… MAIS tellement décourageant pour le petit qui commence, plein de rêves et d’espoir…

Vous l’aurez compris, le vrai choix n’est pas une question d’être plus ou moins taxé, ce débat n’est pas l’apanage des auteurs, il a lieu aujourd’hui parce que leur situation n’est pas claire. La vraie question me semble quel est le prix que nous sommes prêt à payer pour vivre de notre plume ou de nos crayons ? Fermerons-nous les portes aux jeunes de demain ou rentrerons-nous dans le rang du capitalisme ? Un pas en arrière ou un pas en avant ?

Et si nous choisissions une troisième voie, celle d’accepter la situation entre ces deux extrêmes. Celle de ne pas reculer ni d’avancer mais de nous envoler au dessus du gouffre ? Comme il y a toujours un prix à payer, ce serait celui de ne pouvoir en vivre complétement ou continuellement mais d’avoir le bonheur d’y papillonner. La majorité des auteurs ne vivent pas de leurs créations. Mais est-ce un mal ? Ils jouissent d’une vraie liberté, produisent ce qu’ils ont envie de produire et, surtout, les portes, toutes les portes demeurent ouvertes… Se couper les ailes ? Jamais ! Mais aux quelques aigles qui planent tout là-haut, je préfère les millions de papillons