Fées noires & Dames sombres – Kitsune

Kitsune

Esprit séducteur, le renard Kitsune prend la forme d’une jeune femme rencontrée au hasard des chemins et dont la beauté s’empare du cœur solitaire. Usant de subterfuges pour dissimuler sa queue qui trahit sa nature magique et animale, la Kitsune finira bien tôt ou tard à perdre en vigilance. Fuyant la découverte de son amant, la fée reprendra alors les traits du renard pour disparaitre, laissant l’homme seul et le cœur brisé…

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La jeune femme marchait tranquillement sous les cerisiers en fleurs. Une pluie de pétales roses tourbillonnait autour d’elle, lui ouvrant le passage dans cette allée des Temples. Le jeune moine observait la scène, troublé en sa méditation par l’apparition. Il ne pouvait détacher les yeux de cette magnifique jeune femme qui déambulait et à qui la nature semblait ouvrir les bras. Quand il réalisa qu’elle venait dans sa direction, il était déjà trop tard pour fuir, pour esquiver cette tentation, cette épreuve que les dieux lui envoyaient sans aucun doute. Elle sourit et un autre monde s’ouvrit à l’esprit du jeune moine. Autour de lui, le monde dansait. Les visions vinrent ensuite. Des souvenirs de son enfance heureuse dans un petit village du nord du Japon, coupé de la réalité des villes, plongé dans une campagne où le temps ne semblait pas avoir de prise. Seules importaient les saisons. Un autre songe l’emmena dans une maison étrangère. Une femme était couchée à ses côtés, endormie. Dans la chambre d’à côté, à travers les cloisons, il percevait des rires étouffés. Des rires d’enfants. Les rêves se succédaient lui renvoyant des possibles qui se mélangeaient allègrement à des souvenirs heureux. Au-delà des hallucinations, il percevait un doux murmure, un chant qui le berçait et l’entraînait davantage dans un sommeil éveillé. C’était la fée, apparue quelques instants plus tôt qui fredonnait ce chant magique, cette mélodie hypnotique et se moquait du moine, faisant vaciller ses certitudes, basculant en quelques secondes des années de méditation, de gestes répétés méthodiquement, d’habitudes ancrées en une soif de vie et d’aventure, de rencontre et de désir. Elle était tentation.

Le moine ferma les yeux. Il se mit à réciter un mantra de concentration, se rappelant les bons conseils des maîtres et chassant de ses pensées l’impureté d’une vie trop matérielle. Lorsqu’il ouvrit les yeux bien plus tard, une pluie fine tombait depuis le ciel bleu. La femme avait disparu. Sur le chemin des cerisiers, un renard trottinait.

 

Richard Ely

Né en Belgique, j'ai passé toute mon enfance à Ellezelles, village sorcier. J'ai ensuite étudié les fées, elfes et lutins à l'université tout en croisant les chemins de Pierre Dubois, Claude Seignolle, Thomas Owen... En 2007, après avoir parcouru bien des forêts et des légendes, je crée Peuple Féerique. Spécialiste du folklore féerique, auteur d'encyclopédies, de livres, d'albums, je poursuis mon exploration de ce Petit Monde de Merveilles pour le partager avec vous.

Une lutinerie sur “Fées noires & Dames sombres – Kitsune

  • 5 avril 2018 à 18 h 42 min
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    Ouf, il n’a pas cédé à la tentation !
    J’ai eu peur, j’ai cru qu’il allait s’endormir, puis qu’elle le viderait de sa force vitale, ou bien boirait son sang ou le dévorerait… ou les trois à la fois.

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