Terminus Brocéliande – Editions du Barbu
2 décembre 2008 par Richard Ely
Présentation de l’éditeur :
Christophe R., jeune thésard en anthropologie, est porté disparu. Ses vêtements ont été retrouvés lacérés en pleine forêt de Brocé-liande, près de l’Hôtié de Viviane. Derrière lui, le « disparu du Val sans retour » a laissé un étrange journal intime relatant ses incursions dans un monde magique, en quête de Linoï, créature mi-femme, mi-fée… C’est ce journal que confie la mère du jeune homme au criminologue Maël Mac’herig. À la recherche de Christophe R., Mac’herig va devoir décrypter un kaléidoscope trompeur où interfèrent amateurs de jeux de rôles, adeptes de musique gothique, ainsi qu’un inquiétant bouquiniste spécialisé en livres maudits… Il devra aussi découvrir ce qu’étaient venus faire à Brocéliande, en 1900, les écrivains gallo-irlandais Arthur Machen, William Butler Yeats, et Bram Stoker, réunis en grand secret près du Tombeau de Merlin… Au terme de ce thriller féerique, le lecteur aura en main tous les éléments nécessaires à reconstituer le puzzle. Mais attention : à se confronter au monde de Christophe R., ne risque-t-on pas d’en devenir un personnage à part entière ?
Notre avis :
“Polars & Grimoires” est une collection au pari audacieux: faire coller l’univers du Merveilleux à celui du roman noir ou du roman policier… Et ce pari-là est plutôt réussi. L’intrigue concilie bien les deux mondes et la troisième partie du livre avec sa plongée en forêt de Brocéliande est vraiment agréable. Ce qui l’est moins est la forme du livre. Pourquoi, pour les parties tirées du journal intime du disparu, nous imposer une police ludique plutôt que l’habituelle italique, beaucoup plus reposante à la lecture dans un roman de format classique ? Ensuite, un livre relié aurait été plus agréable en mains qu’un simple collage mais là évidemment, cela relève du budget alloué et en rien, je le précise, du contenu. Revenons donc au contenu. Ce qui nous a frappé, est que l’intérêt de l’histoire va grandissant au fil des pages et que la troisième partie, celle qui nous entraîne sur les pas de Yeats, Machen et Stoker est bien plus captivante et pourtant moins exploitée que les précédentes. Il y avait là matière à en faire le livre entier. La première partie se promène du côté des rôlistes, la seconde des goths mais sans vraiment s’y plonger pleinement alors que la troisième en prenant pour protagonistes des auteurs mystérieux, est vraiment sympa à lire. Renaud Marhic écrit bien mais mélange trop de choses ici, ce qui entraîne le fait de passer un peu à côté de la meilleure idée du livre.
Critique sévère me direz-vous ? Oui, en effet, car ce livre passe, sur le plan de l’intrigue et des idées, du moyen à l’excellent, ce qui explique qu’on soit un peu fâché qu’il n’ait pas été excellent dès le départ. Ce qu’il aurait pu être de toute évidence…





